| Les phénomènes de colonisation et leurs remises en cause (novembre 2008) |
|
|
|
|
Le but de ce dossier est d’expliciter la mise en oeuvre du concept de colonisation au collège de la 6ème à la 3ème dans toute sa complexité sans occulter l’aspect violent. Disséminé tout au long des programmes, la continuité historique de ce concept doit être rétablie. Quels éléments constituent la colonisation à travers les lieux et le temps ? La colonisation est un concept politique, militaire, économique et culturel. Politiquement, il s’agit d’un phénomène voulu et organisé par un Etat sur le long terme, souvent avec l’aval des institutions politiques et religieuses. Elle aboutit à la fondation d’un nouveau territoire nommé et organisé selon les règles du colonisateur. Parfois, les élites locales facilitent la nouvelle organisation. La colonisation aboutit à la formation d’empires, expression d’une puissance accrue aux yeux du monde. La colonisation est une conquête militaire qui s’abat sur un territoire et sur des peuples autochtones. Il s’agit d’une expansion territoriale qui s’accompagne de soumissions et de résistances. C’est donc un phénomène brutal facilité par le manque d’unité des peuples en présence et par leur fragilité militaire. Les résistances sont systématiquement réprimées dans la violence. Les autochtones sont dépossédés de leurs terres au profit d’une politique de peuplement ou d’exploitation. C’est aussi un moyen pour les métropoles d’éloigner les indésirables. Le moteur à la colonisation est l’exploitation économique des territoires conquis. Elle vise une rentabilité et un enrichissement. L’organisation de la colonie et des échanges ne répond donc qu’à ce but. La logique économique modèle les paysages des colonies mais aussi ceux des métropoles notamment les villes portuaires. Les colonisateurs, au nom d’une mission civilisatrice, se lancent dans les conquêtes. Les échanges culturels ainsi provoqués aboutissent à la soumission des peuples et à l’appauvrissement des cultures locales. La rencontre de l’autre interroge. Elle va parfois jusqu’à une fascination malsaine pour l’exotisme. La colonie reste en marge du droit métropolitain. Certains droits, comme la citoyenneté, peuvent être accordés mais avec parcimonie. Les inégalités se multiplient. Trois thèmes d’études parcourent les programmes d’histoire et de géographie du collège. Les propositions pédagogiques s’appuient sur des comptes-rendus de lecture d’ouvrages récents. Sommaire
La colonisation pendant la période antique. Comptes rendus de lecture : G. MEYNIER, L’Algérie des origines, De la Préhistoire à l’avènement de l’Islam, Editions La Découverte, Paris, 2007. C. DELAPLACE, J. FRANCE, Histoire des Gaules, VIe siècle av .J.-C- Vie siècle ap .J.-C., Armand Colin, 2007. Propositions pédagogiques : L’Iliade et l’Odyssée, ciment du monde grec. La fondation de Marseille. El Jem, exemple d’un paysage palimpseste (géohistoire). Colonisation et esclavage (du XVème au XVIIIème siècle). Comptes rendus de lecture : S. GRUZINSKI, Les quatre parties du monde, histoire d’une mondialisation, Seuil, points histoire, 2006. F. REGENT, La France et ses esclaves – De la colonisation aux abolitions (1620-1848), Grasset, octobre 2007. Y. BENOT, La Révolution française et la fin des colonies 1789-1794, La Découverte 1897, édition de poche 2004 avec postface inédite. Propositions pédagogiques : Hernan Cortés : l’Europe à la découverte du monde. A la découverte de l’Autre : la naissance d’une société métissée au Mexique. Nantes : un port négrier au XVIIIe siècle : entrer par un lieu dans le programme d’histoire de quatrième. Colonisations et décolonisations (XIXème XXème siècle). Propositions pédagogiques : Etude de cas : la colonisation de l’Algérie. Apprécier le poids de l’histoire et de la colonisation : l’exemple du Nigéria. Bénédicte Micheau, Catherine Plessis, Philippe Bleuzé. Avril 2008 |










