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Des lectures pour renouveller l'étude de l'Afrique en classe de 5e PDF Imprimer Envoyer
Par Ludovic Vandoolaeghe.



Lors du colloque Apprendre l’histoire et la géographie à l’école (décembre 2002), R. Pourtier se demande par quels « bouts pédagogiques » faut-il prendre l’Afrique 5 [[POURTIER R., « Que dire de l’Afrique à l’école », in Apprendre l’histoire et la géographie à l’école, « Les Actes de la Desco », Scéren-Crdp de Versailles, 2004]]. La question mérite d’être posée au regard des attendus des programmes de la classe de 5e qui datent de la fin des années 1990.

Ceux-ci invitent, à l’échelle du continent, à la présentation de la « diversité de l’Afrique ». Les discontinuités liées au peuplement doivent être mises en relation avec les conditions naturelles afin de proposer une régionalisation et de conclure par la mise en perspective des problèmes de l’Afrique actuelle [[Accompagnements des programmes du cycle central 5e/4e. http://www4.ac-lille.fr/~heg/IMG/pdf/HG_5e_et_4e_acc-2.pdf]]. Que penser de ces objectifs ? A l’occasion du dernier colloque organisé par la Régionale APHG Nord-Pas-de-Calais, sur le thème « Les nouveaux territoires : le cas des territoires du Nord », M. Hagnerelle, doyen de l’Inspection Générale, a rappelé la nécessité de promouvoir une géographie scolaire des territoires à différentes échelles. Seule celle-ci peut, notamment à grande échelle, permettre d’observer la diversité des acteurs et la complexité de leurs choix d’aménagement souvent à l’origine d’enjeux voire de conflits. De telles démarches ne peuvent qu’impliquer davantage nos élèves.

Cependant, tenir compte de tout cela dans le cadre des programmes n’est pas une mince affaire. Ces derniers sont datés et parfois en marge des récentes évolutions et mutations de la géographie savante et universitaire. Néanmoins, l’entrée par un thème, décliné à différentes échelles, afin d’en étudier les implications spatiales et sociales, représente une solution.

A la suite de R. Pourtier, il est intéressant de privilégier des thèmes qui sont autant d’entrées possibles permettant de rendre compte des profondes mutations que connaît l’Afrique. Ainsi, les questions liées aux populations, comme celles de la croissance urbaine ou de la diversité des cultures, sont d’un intérêt certain pour rendre compte au mieux de cette Afrique en mouvement. L’enjeu est de taille. Ces choix pédagogiques doivent faire un sort aux stéréotypes et aux clichés véhiculés par les médias ou certaines publications qui sont le lit d’une vision très pessimiste du continent héritière d’un long passé de relations spécifiques entre l’Europe et l’Afrique. S’il convient de battre en brèche cette « Afrique des idées reçues » [[COURADE G. (ss. dir.), L’Afrique des idées reçues, Belin, 2006]], il ne faut pas omettre la réalité d’un continent où les problèmes subsistent comme le montre l’ensemble des indicateurs plaçant au plus bas l’Afrique sur l’échelle du développement.

Un certain nombre de publications récentes permettent d’éviter ces écueils. Au premier rang d’entre-elles, citons les travaux de S. Brunel pour qui l’Afrique est « en réserve de développement » [[BRUNEL S., L’Afrique, Bréal, 2004]]. On se reportera également avec profit au dossier que l’auteur a consacré à « L’Afrique dans la mondialisation »[[La Documentation Photographique, n°8048, 2005]]. L’auteure reprend à son compte cette idée africaine rappelant que « si les statistiques étaient exactes, nous serions tous morts ! » . Il faut aller au-delà de l’analyse de chiffres et de statistiques émanant d’organismes dont les critères sont ceux des pays développés. Tout d’abord parce que ceux-ci ne rendent qu’imparfaitement compte des réalités africaines tant ils ignorent par exemple la place de l’informel dans ces économies. Par ailleurs, ces chiffres officiels ignorent la réalité d’un vrai potentiel de développement malgré un contexte dans lequel règnent les difficultés de tous ordres. Enfin, de telles perspectives ne peuvent déboucher que sur des simplifications tant il faut avoir en tête que « tout questionnement géographique sur l’Afrique pose d’abord le problème de son unité. » [[ BART F. (ss. Dir.), L’Afrique. Continent pluriel, Cned-Sedes, 2003]]



 
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