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Les biocarburants, au cœur du débat civique.

 
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    A partir des années 1970, les scientifiques affirment de plus en plus clairement que les dégradations environnementales contrarient les bénéfices liés aux progrès économiques et technologiques. Les sciences se trouvent placées au cœur du débat. Elles sont à la fois critiquées comme accélérateur de la mondialisation et vantées comme porteuses de solutions miracles.
    Si la diffusion de nouvelles technologies peut aider à résoudre les problèmes environnementaux, cela n’est possible qu’avec l’engagement de tous. C’est ce que nous rappelle la Déclaration de Rio de 1992. L’agenda 21 appelle à un partenariat global pour le développement durable impliquant la participation la plus large et l’implication active des ONG. Les décideurs internationaux doivent donc rechercher de nouvelles procédures pour encourager les individus à travailler ensemble et à construire un avenir qui leur soit commun. Les acteurs de cette évolution sont donc à la fois les Etats et les ONG mais également les citoyens.

    Le programme d’ECJS de terminale S invite à réfléchir sur « la citoyenneté et les évolutions des sciences et des techniques ». Il pose en outre cette question : « le citoyen peut il contribuer à la diffusion des énergies propres ? »

    Les médias nous offrent des exemples nombreux de la science utilisée comme caution pour la diffusion de produits de consommation. Les biocarburants sont parmi ceux-ci. Ils semblent être une solution à la pollution liée au transport. Il serait donc intéressant pour des élèves de terminale S de se faire leur propre opinion sur le sujet.

    Les biocarburants, une solution controversée

    Les biocarburants sont des carburants d’origine végétale qui peuvent se substituer partiellement ou totalement aux carburants pétroliers. A première vue, leur utilisation ne présente que des avantages : d’une part, cela permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ; d’autre part les sources d’énergie sont renouvelables. Néanmoins, le développement des biocarburants pose à terme la question des surfaces agricoles qui peuvent lui être consacrées. La surface des terres arables n’est pas indéfiniment extensible. Il est impossible de concilier les besoins alimentaires et énergétiques.

    En France, le secteur des transports représente 27 % des émissions de gaz à effet de serre, celles-ci étant essentiellement issues du monde routier. Leur réduction est donc nécessaire pour répondre aux critères de Kyoto (1997). La France et l’Union européenne, signataires de ces accords, se doivent d’agir dans ce sens. La politique du gouvernement s’articule autour de trois grands axes :
    -   la diffusion des technologies plus sobres en énergie ;
    -   le développement du ferroviaire, du fluvial, du maritime ;
    -   l’évolution des comportements individuels et collectifs.
    Le plan sur le développement des biocarburants s’intègre à cette politique. Le ministère de l’Industrie soutient également la recherche et l’innovation pour la fabrication de véhicules hybrides (100 millions d’euros pour l’hybride diesel de PSA). Une éducation à la conduite apaisée et économe a été insérée dans l’examen du permis de conduire en juin 2006.

    2003 Directive européenne sur les biocarburants pour qu’un certain pourcentage minimal soit mis en vente sur les marchés nationaux
    2004 Le plan Biocarburants est une des mesures de réduction des gaz à effet de serre prévues par le plan Climat.
    2005 Incitations fiscales à produire des biocarburants.
    2005 Table ronde avec les acteurs du monde agricole et du secteur pétrolier, les constructeurs et équipementiers automobiles et les professionnels du machinisme agricoleirective européenne sur les biocarburants pour qu’un certain pourcentage minimal soit mis en vente sur les marchés nationaux.
    2006 Utilisation du E 85 (éthanol et supercarburant) sur des véhicules flex fuel (véhicules à carburant modulable), durant des essais de 12 mois.
    2007 Lancement de l’E 85 ; les 500 « pompes vertes »23/12/1948.

    Proposition pédagogique : développer son esprit critique et s’engager pour le développement durable

    Documents proposés :
    -   Publicité Renault Clio 2007
    -   Biocarburants vers de nouveaux débouchés pour l’agriculture, affiche de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), salon de l’agriculture 2007.

    Première analyse : la source Ce sont des communications des grands groupes industriels et de l’Etat au sujet des réductions de CO2.

    Deuxième analyse : Les biocarburants jouent-ils un rôle dans le développement durable ?
    Il serait bon de rappeler la définition du développement durable tirée du rapport Brundtland en 1987 : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Le schéma sur les trois piliers du développement durable peut aider les élèves à visualiser cette définition (schéma dans « Développement durable », Documentation photographique, n°8053, 2006).

    (JPG)

    Les élèves classent les arguments proposés par les deux publicités et se demandent s’ils répondent aux trois critères.

    Le travail de recherche Il faut maintenant se renseigner pour être capable de juger la valeur de ces arguments : • les objectifs de réduction de CO2 à atteindre • le bonus écologique et les autres mesures incitatives (pompes vertes) • les impacts des biocarburants sur l’environnement, l’économie et la société • subventions aux agriculteurs

    Les élèves consultent les sites officiels :
    ADEME
    PNRB (Programme National de Recherche sur les Bioénergies)
    Ministère de l’Ecologie du Développement et de l’Aménagement durables
    Les évaluations des experts

    Les informations ainsi collectées peuvent être classées dans deux tableaux récapitulatifs.
    Dans le premier tableau les élèves identifient les mesures gouvernementales en faveur des biocarburants en France (défiscalisation des entreprises de biocarburants, bonus écologique, pompes vertes), les effets escomptés (réduction des émissions de CO2 selon les critères de Kyoto, aider l’agriculture française après la PAC en 2013, baisse de la dépendance énergétique de la France) et les limites (le bioéthanol est utilisé pour les voitures essence (seulement 1/3 du parc automobile français) subventions importantes aux grands céréaliculteurs risque sur la biodiversité, la qualité des sols et les ressources en eau)
    Dans le second tableau, les élèves identifient les impacts positifs (nouvelle source de revenus pour les pays du Sud) et les impactes négatifs (changement d’affectation des terres, dégradation des ressources naturelles, risque pour la sécurité alimentaire des pays du Sud) des biocarburants et le développement durable dans le monde.

    Le rôle des biocarburants ne paraît plus aussi bénéfique. Il faut cependant éviter de clore le débat sur une vision totalement négative. Il serait bon que les élèves se renseignent sur les interventions possibles pour que les biocarburants soient plus respectueux du développement durable (certification de la production et gestion durable des forêts).
    Les citoyens ont la possibilité de s’engager, en interpellant les élus, au moyen des ONG (ex http://www.pacte-ecologique.org/municipales/enjeuxmajeurs.php). Pour qu’il y ait développement durable, il faut que les citoyens soient attentifs et critiques mais aussi qu’ils soient actifs n’attendant pas tout de l’Etat et des industries (http://www.ddurable.com).

    LUI Anne-Sabine, Lycée E. Labbé, Douai.

    Bibliographie et webographie
    « Développement durable. Quels enjeux géographiques ? », Documentation photographique, n° 8053, 2006.
    « Développement et environnement », Cahiers français, n° 337, 2007.
    http://www2.ademe.fr (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’Energie).
    http://www.industrie.gouv.fr/energie/renou/biomasse/biocarb-plan.htm (le plan Biocarburants français).

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